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(November 6, 2006) Le Projet de loi d’initiative parlementaire C-283 (Loi modifiant la Loi sur les aliments et drogues (étiquetage des aliments) déposé par le député Tom Wappel, part d’une bonne intention, mais il entraîne un certain nombre de problèmes sérieux. Il sera impossible à mettre en oeuvre pour les restaurateurs, difficile et coûteux à mettre en application pour le gouvernement et, finalement, induira le consommateur en erreur.
| IMPOSSIBLE À METTRE EN OEUVRE |
Fournir une information nutritionnelle fidèle n’est possible que dans un milieu hautement uniformisé. Bien que l’uniformité soit la norme dans un milieu de fabrication alimentaire, elle est plutôt l’exception dans le cadre d’un restaurant.
Le projet de loi C-283 cible les entreprises au chiffre d’affaires de plus de 10 millions $, mais les ventes ne sont pas une indication du degré d’uniformisation des menus ou des concepts. La loi s’appliquerait à une chaîne d’hôtellerie qui exploite des douzaines de concepts de restauration différents, en plus du service aux chambres. Elle s’appliquerait à une entreprise qui possède trois ou quatre restaurants haut de gamme différents et toucherait une entreprise de traiteur offrant des menus en rotation.
Les ingrédients utilisés par les restaurant changement fréquemment.
Un changement d’ingrédient peut modifier le profil nutritionnel de douzaines d’articles au menu. Par exemple, lorsqu’une chaîne de restaurant a modifié une de ses sauces, ceci a eu des répercussions sur la composition nutritionnelle de 40 articles au menu ! De plus, les restaurants de chaînes peuvent utiliser des fournisseurs régionaux, lesquels substituent parfois des produits, ce qui change le profil nutritionnel des articles.
Contrairement au secteur de la fabrication alimentaire, qui emballe des aliments individuels, les restaurants offrent des variétés, des formats, des saveurs et des options multiples permettant au client de personnaliser ses choix. Ceci rend impossible l’insertion d’information nutritionnelle sur les menus imprimés et les tableaux-menus d’une façon qui soit fidèle, complète, lisible et réalisable. Par exemple :
Spécial petit déjeuner – 2 oeufs, rôties et choix de jambon, bacon ou saucisses, avec jus, café ou thé (4,99 $) |
Oeufs brouillés, pochés, frits ou bouillis; pain blanc ou blé entier avec ou sans beurre, confiture, beurre d’arachides ou miel; jambon, bacon ou saucisses ou combinaison de ces articles, ou bol de fruits au lieu de viande; jus d’orange, de pamplemousse, de canneberges ou de pommes; café ou thé avec ou sans lait, crème et sucre. |
Spécial midi – soupe, sandwich et boisson (5,99 $) |
Choix de trois soupes du jour; de cinq sandwichs préparés sur commande avec choix de pain, condiments et garnitures; choix de lait, jus, boisson gazeuse, café ou thé avec accompagnements. |
Latte de format moyen (3,89 $) |
Préparé avec choix de lait écrémé, 1 %, 2 %, entier ou soja, avec ou sans sucre et une variété de saveurs. |
| COÛTEUX À METTRE EN APPLICATION |
La mise en application du projet de loi C-283 nécessiterait une bureaucratie fédérale pour assurer l’inspection de la conformité des restaurants. Même un système basé sur les plaintes des consommateurs nécessiterait des essais et des analyses de laboratoires poussés, ainsi que des recherches dans les dossiers financiers de chaque établissement d’une chaîne de restauration pour déterminer si l’article en question a généré au moins 50 000 $ de ventes pour l’entreprise et s’il a été au menu dans chaque emplacement pendant au moins 60 jours.
| TROMPEUR POUR LE CONSOMMATEUR |
Le projet de loi C-283 ne tient pas compte du fait que les clients de restaurants personnalisent de plus en plus leurs commandes, la méthode de préparation, les plats d’accompagnements, les garnitures et les condiments. Les garnitures peuvent modifier de 40 % la teneur calorique d’un hamburger! Dans le cas d'un café-bistro, il peut y avoir pas moins de 19 000 combinaisons possibles de breuvages.
En mettant l’accent sur les calories plutôt que sur la nutrition et l’équilibre, le projet de loi C-283 envoie des messages équivoques au consommateur. Par exemple, une petite portion de lait renferme plus de calories qu’une petite boisson gazeuse; un yogourt avec granola contient plus de calories qu’un sac de croustilles; un bagel graine de lin recèle plus de calories qu’un beigne.
Le secteur canadien de la restauration et des services alimentaires travaille à la recherche d’une solution
Sensibilisation : Par l’entremise de la Stratégie pancanadienne en matière de modes de vie sains, les exploitants de restaurants se sont engagés à aider le gouvernement à transmettre des messages aux consommateurs sur la façon d’équilibrer leur alimentation et d’augmenter leur niveau d’activité physique. La CRFA demande au gouvernement d’assurer le financement de cette importante initiative, laquelle a reçu l’appui d’un groupe de travail formé d’intervenants multiples représentant les gouvernements fédéral et provinciaux, des organismes de santé reconnus et des regroupements sectoriels.
Programme d’information nutritionnelle : de nombreux restaurants de chaînes fournissent à leur clientèle des renseignements détaillés sur la teneur nutritionnelle et allergène de leurs produits usuels. Ceci peut prendre la forme d’un calculateur sur un site Web ou d’affiches et de brochures dans les restaurants. En 2005 la CRFA a lancé le Programme d’information nutritionnelle afin de fournir ces renseignements de façon plus uniforme et de faire connaître ce programme des consommateurs. Vingt-sept entreprises de services alimentaires, représentant plus de 40 % des établissements de chaînes, ont adopté ce programme jusqu’à présent.
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